10 mars 2008

Réflexion 8

Quand est-ce que j’ai fermé les yeux sur ce qui m’entoure? Je ne saurais le dire, peut-être les ai-je toujours eu fermés ou, du moins, pas assez ouverts ou alors je ne voyais que ce qui m’intéressait, laissant le reste de côté parce que certaines vérités relèvent de l’inconcevable, de l’inacceptable ou sont la source d’une souffrance intolérable. En niant ces vérités ou une partie de celles-ci, on occulte une partie de la réalité et donc de la souffrance, mais est-ce que se mentir de cette façon est bénéfique en fin de comptes? Ne vaudrait-il pas mieux garder les yeux grands ouverts, à s’en brûler la rétine, face à la réalité? Fermer les yeux est-il devenu le mode de défense automatique, celui qui permet d’être lâche à loisir?

Je ne saurais dire dans quelles proportions je me mens à moi-même, et par conséquent aux autres, mais je ne connais personne qui puisse se targuer de ne pas le faire. Une grande partie, sinon tout, de ce qu’on pense des autres se base sur l’apparence, sans aller voir plus loin. Par exemple, quand j’étais petite, un gars qui habitait ma rue sortait toujours avec des lunettes de soleil, qu’il fasse beau ou pas, ce qui faisait dire aux voisins qu’il était dérangé, il n’y en a pas un à qui il est venu à l’idée qu’il pouvait avoir un problème aux yeux.

Quand ai-je fermé les yeux? Est-ce que ce que j’ai vu a tellement cessé de me plaire que je n’ai plus pu les garder grands ouverts? En fermant la porte au mauvais, je l’ai aussi fermée au bon. Il est temps d’ouvrir à nouveau les yeux, avant que mon coeur soit si sec qu’il cessera de battre, même si pour cela il doit saigner jusqu’à mon dernier souffle.

17:14 Écrit par The Fool | Commentaires (0)

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