31 janvier 2008

Réflexion 7

La mort de Heath Ledger a eu pour effet, en plus du fait de me choquer et de m’attrister, de renforcer un sentiment que je trouvais déjà suffisamment présent: ce que presque tout le monde perçoit comme étant une avancée dans la vie, trouver un job, s’installer avec la personne que l’on aime et qui nous aime, fonder une famille, je ressens cela comme une fin en soi, la fin d’une époque que je n’ai aucune envie de quitter et pour autant, j’aimerais trouver un job sympa, pas trop loin de chez moi, avec des horaires qui ne soient pas contraires à mon rythme de vie, rencontrer quelqu’un avec qui je pourrais faire ma vie et avoir des enfants.

C’est un sentiment plus fort que moi, mélange de refus du changement et de négation de l’inéluctabilité de la fuite du temps. Le fait que Heath Ledger soit mort à mon âge fait que la brièveté de la vie me semble, c’était déjà le cas avant, mais plus encore maintenant, d’une cruauté sans nom. Bien que je sais qu’il y a une multitude de vies qui nous attendent après celle-ci, je trouve qu’il est cruel de devoir mourir après un temps aussi court (tellement trop court pour certains), un temps qui n’en laisse pas pour nous permettre de le prendre et de faire les choses que l’on voudrait faire, comprendre les lois de la nature et notre nature d’être humain, et donc, par conséquent, perfectible. Le temps qui nous est accordé pour chaque vie ne nous permet qu’une évolution ultra limitée et ce n’est que par la somme de toutes les évolutions successives que nous pouvons espérer atteindre une élévation spirituelle suffisante que pour nous permettre d’aider les autres à l’acquérir aussi. Peut-être, et même probable, que je sois de ces idéalistes qui veulent le bien des autres, avant même de vouloir le leur et qui savent pourtant que charité bien ordonnée commence par soi-même et que c’est en s’aidant soi-même que l’on pourra aider les autres, mais dont l’impatience fait que nous mettrions la charrue avant les boeufs. La vie est un don trop précieux et cela me fait penser à cette phrase de Balian (personnage principal de "Kingdom of Heaven", interprété par Orlando Bloom) qui, parlant de la vie des gens qui vivent sous son autorité, dit: quel genre d’homme serais-je si je ne tentais rien pour l’améliorer?

17:14 Écrit par The Fool | Commentaires (0)

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