20 septembre 2007

Réflexion 4

Qu’est-ce qui est le plus difficile à supporter? Laisser la personne que l'on aime s'en aller pour qu'elle puisse vivre sa vie ou l'avoir près de soi en l'empêchant de faire ce qu'elle veut (ce qui la rend malheureuse et donc, nous aussi)?

J'ai depuis longtemps fait mon choix et je vis avec ce manque, qui est une plaie béante. Priver quelqu'un de sa liberté n'est pas aimer la personne pour ce qu'elle est, mais l'aimer pour soi-même, égoïstement.  

Aimer quelqu'un avec qui on ne peut pas être serait le pire des calvaires si la perspective des vies prochaines n'existait pas, si tout se jouait dans cette seule vie. Heureusement, ce n'est pas le cas et l'infinité de possibles qui s'offrent à nous est ce qui rend cette souffrance supportable, parce qu'éphémère par rapport à l'éternité du futur.

12:03 Écrit par The Fool | Commentaires (0)

10 septembre 2007

City parade à Mons

Il est des expériences qu'il convient de faire une fois et une seule et la city parade en fait partie. Mons est un vrai calvaire pour les gens un peu trop sensibles des pieds, dont je suis un spécimen. Il y a des pavés presque partout. Avec la modernité dont l'Homme est capable aujourd'hui, il y en a encore qui font de la résistance, réfractaires au confort. Bien-être pédestre, tu ne passeras pas, tu n'envahiras pas le coeur de cette ville!

La city parade proprement dite est une autre forme de torture. Le bruit est le maître-mot. Ce que d'aucuns osent appeler musique, c'est Bach qui doit se retourner dans sa sépulture, n'est autre qu'une succession de beats envoyés dans les oreilles via des amplis dont la puissance est largement supérieure à ce que l'oreille peut supporter et dont la conséquence inéluctable est une surdité prochaine et prématurée qui, si elle n'est pas forcément totale, sera de toutes façons handicapante.

Le son dégagé par les enceintes est tellement submergeant que l'on sent ses viscères vibrer comme si le son était à l'intérieur de nous. Même les vêtements vibrent. Les gens sont obligés de gueuler pour se faire entendre de la personne juste à côté d'eux.

Le pire dans tout cela, c'est que les gens ont l'air d'y prendre plaisir. Quel plaisir peut-il bien y avoir à se faire bousiller les tympans? Ils ont tellement été exposés à ce genre de choses qu'ils y ont probablement perdu presque tous leurs neurones et les deux qu'ils ont encore intacts se battent en duel pour savoir lequel sera l'ultime survivant de cette course à la bêtise. Pour ceux qui en douteraient, il n'y a qu'à observer tous ces gens pour se rendre compte que cela les abrutit, voir comment ils se trémoussent sous cette pluie de décibels. Certains sont prêts à risquer leur vie pour aller remuer sur des hauteurs desquelles ils auront une vue imprenable sur la masse, de sorte que celle-ci puisse les envier, si tant est qu'il soit enviable d'être plus abruti que les autres.

Il y a toutes sortes de gens, cela va des petits et petites jeunes qui pensent que l'alcool et/ou le pétard va les aider à mieux s'imprégner de l'ambiance, à ceux qui ont cru que c'était carnaval et qui arborent toutes sortes d'accessoires plus ridicules les uns que les autres, en passant par ceux dont la coiffure et les éventuels piercings et tatouages montrent toute l'étendue de leur mauvais goût (question cheveux, c'était un florilège de ce qui se fait de pire, du gars aux cheveux bleus, de ceux à la crinière multicolore allant du rose au vert, en passant par ceux qui pourraient faire un procès à ceux qui leur ont fait cette coupe, à moins qu'ils participaient à un concours de gens les plus mal coiffés, pour lequel ils avaient toutes leurs chances), ou encore par ces hommes d'un âge certain qui croient que les cheveux longs et remuer sur ce bruit fait qu'ils sont encore dans le coup. Des attardés soixante-huitards sans aucun doute.

Il y a aussi ceux qui sont tellement dans leur trip qu'ils n'ont plus la notion de l'espace et s'en foutent complètement de mettre des coups aux gens qui auraient le malheur de passer un peu trop près d'eux, tout cela sous les yeux des forces de police, qui ne bougent évidemment pas le petit doigt.

A côté de cela, il y a les chars, qui rivalisent dans l'exagération tant en ce qui concerne le bruit que les tenues de mauvais goût. La palme revient à celui où une fille dansait à une barre verticale, comme si elle était dans une boîte de strip-tease et qu'un gars est venu rejoindre, piercé de partout et arborant une coiffure horrible dont je n'aurais su dire si les mèches blondes étaient ses vrais cheveux ou des rajouts.

Dans le genre de ceux qui n'avaient pas froid aux yeux, et surtout au reste, il y avait une team avec deux filles peintes de la tête aux pieds, même sous leurs bikinis et deux gars peints sur le haut du corps seulement, avec une sorte de jupe-pantalon pour le bas.

Pour être certains qu'il y aurait du bruit tout le temps, des sifflets étaient même distribués, à croire que les organisateurs ont eu peur qu'il y ait une panne ou c'était peut-être parce qu'ils n'ont pas trouvé autre chose de pas trop cher pour casser les oreilles des honnêtes citoyens qui en avaient déjà largement assez sans cela.

Je n'ai aucune idée du nombre de personnes qui ont assisté à cette city parade, mais il y en avait plusieurs milliers, en majorité de cette faune qui écume les boîtes où elle paye pour qu'on lui crache du bruit à grand renfort d'amplis tous plus puissants les uns que les autres.

Il est plus que certain que je ne me rendrai plus ni à Mons ni à une city parade, peu importe où elle a lieu. Que ceux qui veulent aller goûter l'air de ce genre de manifestation y aillent si cela leur plaît, mais qu'ils ne perdent pas leur temps à essayer de me convertir, je tiens à garder mes pleines capacités auditives le plus longtemps possible, ni à tenter de me convaincre qu'il s'agit de musique parce que même le tic-tac de mon réveil-matin est plus proche de la notion de musique que ne pourra jamais l'être cette démonstration de bruit.

09:56 Écrit par The Fool | Commentaires (0)

05 septembre 2007

Réflexion 3

Peut-être que le temps qu'il fait est propice à influencer l'humeur et le cours des pensées des gens. Toujours est-il que je sens la nostalgie m'envahir comme peut l'être Forest National quand les portes s'ouvrent et que la foule investit la salle.

Peut-être aussi est-ce dû à la rentrée des classes. Septembre, qui voit l'été laisser la place à l'automne, est un mois que j'apprécie tout particulièrement. Quand le climat correspond à la saison, ce qui n'est pas le cas cette année, septembre offre le spectacle le plus grandiose de la nature. Il s'opère tellement de changements pour passer d'un temps estival à un temps automnal que chaque jour est le théâtre d'une multitude de transformations qui me fascinent.

Je sens en moi cette envie d'une force étrangement contenue de revivre le temps de mon enfance, cette période si insouciante. Et je sens en même temps cette envie d'une force en tous points égale à l'autre de m'asseoir sur un banc et de regarder le temps passer, de m'imprégner de la beauté unique de cette période qui voit les feuilles se colorer chaque jour d'avantage pour se parer de leur chatoyante robe d'automne.

Dans ce monde où tout va décidément trop vite, j'aspire à suspendre le temps pour créer dans ma mémoire cet idéal que je pourrai visiter à loisir, quand j'en sentirai le besoin, une sorte de temple-refuge où j'irai rêver quand la vie me fait mal.

Peut-être est-ce seulement un effet du temps qui passe. Peu importe la cause, seul compte l'effet produit. Cette nostalgie n'est pas empreinte de tristesse, elle s'apparente plus à une envie inassouvie.

17:33 Écrit par The Fool | Commentaires (0)